19 juillet 2013

Plusieurs décisions importantes ont été prises à la réunion de cette semaine du Conseil municipal, des décisions qui affecteront profondément le caractère du quartier Capitale et la qualité de vie de ses citoyens et, ce qui est tout aussi important, des résidents de l'ensemble de la Ville d'Ottawa.

 

Les deux grands dossiers importants de mon premier mandat au bureau ont été les suivants, à savoir : 1) les pressions de l'aménagement intercalaire urbain, y compris la difficulté de préserver le caractère du quartier tout en favorisant la densification; 2) la volonté de nous « approprier » nos rues, en particulier nos artères et nos grandes rues traditionnelles, au profit de tous les utilisateurs en créant des lieux plus sécuritaires et plus attrayants pour les piétons, les cyclistes et les usagers du transport en commun, tout en prenant garde, toutefois, d'y exclure l'automobile.

 

Le 17 juillet, le Conseil a débattu et adopté un certain nombre de motions liées à l'aménagement et aux transports, y compris la conversion de la voie réservée aux cyclistes de l'avenue Laurier en aménagement permanent. Cependant, les deux sujets dont je désirerais vous parler plus en détail dans le présent bulletin qui précède la période des vacances concernent le renouvellement de la rue Main dans le Vieil Ottawa Est et les maisons situées le long de la promenade du Colonel-By, dans le Vieil Ottawa Sud. Ces deux initiatives sont importantes pour le quartier et la Ville dans son ensemble.

 

David Chernushenko
Conseiller pour le quartier Capitale
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Plan de réfection de la rue Main

 

La rue Main doit être complètement reconstruite entre 2014 et 2016, et ces travaux auront lieu en même temps que ceux de la réfection du pont McIlraith, qui enjambe la rivière Rideau, et de la moitié ouest de l'avenue Lees. Ce projet offrait une rare occasion de réévaluer la façon dont la rue fonctionne actuellement et les changements qui pourraient être apportés pour régler des problèmes comme les excès de vitesse, les bruits et les vibrations, l'étroitesse des trottoirs, le contexte difficile auquel doivent faire face les commerces de détail et les mauvaises conditions qui s'offrent aux cyclistes.

 

À la suite de la vaste participation de la communauté locale dans un groupe de travail permanent en cours des six derniers mois, une option privilégiée a émergé en faveur du réaménagement de la rue Main en « rue complète », où plus d'espace serait alloué à la marche et au vélo et moins à la circulation des véhicules. Cette approche a été approuvée massivement par plus de 250 personnes qui ont assisté à des journées portes ouvertes ou qui ont écrit ou téléphoné à mon bureau.

 

Je crois sincèrement que la conversion de cette artère en rue complète apportera de nombreux avantages économiques, sociaux et environnementaux aux résidents vivant sur la rue Main ou dans son voisinage immédiat.

 

Néanmoins, je crois également que le réaménagement de la rue rendra cette dernière plus attrayante, invitante et inspirante pour l'ensemble de la communauté d'Ottawa. Bien que la réduction des voies de circulation de deux à une seule voie (mesure conjuguée à l'ajout de voies de virage aux principales intersections) sur une grande partie de la rue puisse entraîner quelques légers retards pour les conducteurs aux heures de pointe, je suis persuadé que la rue remplira ses nombreux rôles mieux qu'il ne le fait aujourd'hui. La nouvelle conception répond à une volonté grandissante, en Amérique du Nord, de créer des quartiers davantage axés sur les déplacements piétonniers et de faire de nos rues des espaces plus dynamiques plutôt que des routes vouées uniquement à la circulation automobile.

 

La création de rues plus complètes n'est pas quelque chose qui est exclusivement demandé par les résidents du noyau urbain et au seul profit de ces derniers. Chaque quartier et chaque communauté ont des rues qui pourraient bénéficier d'un réaménagement en rues plus complètes, et tous les usagers de ces rues – qu'ils vivent ou non dans le voisinage – profiteraient de ce réaménagement à long terme. Les conseillers et les citoyens ne doivent pas tomber dans le vieux piège de la facilité qui consiste à considérer cette question comme un conflit de visions entre le centre-ville et les quartiers suburbains et ruraux de la ville. Nous ferions par là preuve d'un manque d'imagination et d'une incapacité à comprendre l'orientation que nous devons prendre en tant que ville complète.

 

J'ai donc travaillé d'arrache-pied, au cours des quatre dernières semaines, pour expliquer à mes collègues du Conseil ce qui a été proposé pour la rue Main et pourquoi ce projet serait bénéfique pour tant de gens tout en ayant des répercussions modestes sur un plus faible nombre de navetteurs. Je vous exhorte tous à voir ce projet non pas comme une guerre contre les voitures ou les conducteurs, mais comme une campagne en faveur de quartiers où il fait bon vivre.

 

Comme en témoigne le vote de 18 voix contre 6 qui s'est tenu au Conseil, la plupart de mes collègues sont en faveur de la proposition. Six se sont opposés au projet, mais même ces opposants ont fait savoir qu'ils comprenaient dans une certaine mesure pourquoi ce projet serait une bonne chose pour le secteur immédiat. Outre les changements physiques réels qui découleront d'une conversion de la rue Main en rue complète, j'estime que le résultat le plus important de l'ensemble de ce processus sera la naissance d'un esprit de solidarité entre les conseillers.

 

Je ne suis pas d'accord avec certains rapports de presse qui ont interprété le débat et le vote comme une autre manifestation d'une longue querelle qui diviserait les secteurs intérieurs et extérieurs de la ville. Parmi les 18 conseillers qui ont voté en faveur du projet, 12 représentaient des quartiers suburbains et ruraux. La victoire a été acquise du fait que des conseillers des quatre coins d'Ottawa se sont ralliés à l'appui d'une vision positive et progressiste. J'appelle cela une victoire pour la Ville!

 

Comme autre preuve de notre esprit de coopération et de solidarité, le soutien en faveur du projet est venu tant des intérêts commerciaux et institutionnels que des résidents du secteur. Malgré les préoccupations relatives au stationnement, à la circulation et aux nouvelles exigences qui pourraient limiter le potentiel d'aménagement, les propriétaires d'entreprises du Vieil Ottawa-Est, les propriétaires fonciers et des institutions telles que l'Université Saint-Paul, les Pères Oblats et les Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus ont participé à l'étude de la vision proposée pour la rue Main pour enfin l'appuyer lorsqu'elle a été adoptée à l'unanimité.

 

Pour répondre aux préoccupations des Pères Oblats, des Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus et de leurs représentants, j'ai travaillé avec le président du Comité des transports, M. Keith Egli, et le personnel des services juridiques de la Ville pour m'assurer que les droits de réaménagement ne souffriront pas de la nouvelle conception de la rue Main et de la plus faible capacité de cette dernière aux heures de pointe.

 

Ce projet de réfection routière devrait relancer les idées d'aménagement pour le secteur situé à proximité de la rue Main conformément au Plan de conception communautaire de l'ancien quartier d'Ottawa-Est, qui prévoit la création d'un quartier dynamique avec des boutiques et autres établissements commerciaux bordant la rue Main.

 

Le Plan de conception communautaire prévoit la création de 1000 unités résidentielles et espaces commerciaux sur les biens-fonds des Oblats. En appui au plan, le Conseil a adopté une motion affirmant qu'il ne fera rien pour influer sur le potentiel d'aménagement de ces biens-fonds en raison de possibles contraintes liées au transport associées au concept de rue complète.

 

Je tiens à remercier ces organismes pour le travail qu'ils ont accompli avec nous afin de trouver une solution qui convient à tous.

 

J'ai été inondé de messages de remerciements et de félicitations en provenance du quartier et du Vieil Ottawa-Est en particulier, mais aussi de nombreux autres secteurs de la ville. En voici un qui résume tous les autres :

 

Le plan est tellement incroyable et avant-gardiste que j'ai peine à croire qu'il ait jamais été proposé et encore moins qu'il ait été adopté.

 

Je vis dans le Vieil Ottawa-Est depuis huit ans maintenant et j'aime cette communauté. Je pense que nous avons maintenant la possibilité de devenir un exemple pour l'ensemble de la ville, si ce n'est l'ensemble du pays. C'est formidable! Maintenant, si nous pouvons juste obtenir que la passerelle de la rue Clegg soit approuvée et construite, cet endroit va fredonner! Et je vais réduire mes déplacements en voiture de moitié, selon toute vraisemblance.

 

Tous ces gentils mots qu'on m'envoie devraient aussi être adressés à tous ceux qui ont joué un rôle dans cette réussite, et plus particulièrement la Old Ottawa East Community Association, les membres du très dévoué groupe de travail responsable de ce projet, le personnel municipal et les conseillers de Delcan.

 

Beaucoup de travail reste à faire relativement à la conception détaillée du projet, laquelle sera suivie de deux années de construction qui, bien qu'inévitables, seront source de perturbations. Je propose toutefois que nous laissions ces questions de côté durant la période des vacances estivales.

 


 

Examen du zonage de la promenade du Colonel-By

 

Je serai plus bref pour décrire cette autre victoire qui, bien que petite, n'en demeure pas moins importante. Beaucoup d'entre nous au Conseil ont travaillé avec le Service de l'urbanisme et le président du Comité de l'urbanisme pour trouver des moyens d'arrêter la destruction du caractère communautaire de cette promenade tout en évitant de mettre un frein à l'ensemble des activités de réaménagement, d'aménagement intercalaire et même de réfection des propriétés déjà en place.

 

Le désir de protéger le caractère fondamental de certaines zones ou rues est au cœur de la question. Pour ce faire, nous devons, en fait, définir ce caractère en termes concrets et suffisamment normatifs afin de pouvoir ensuite établir des lignes directrices pour la conception, renforcer les dispositions de zonage ou nous entendre sur les outils appropriés à l'atteinte de cet objectif.

 

Au cours des derniers mois, mes assistants et moi-même avons collaboré étroitement avec le personnel municipal, en tant que membres de l'Équipe chargée de l'uniformité du zonage, ainsi qu'avec des consultants dans le cadre d'un nouveau processus qui a été plus tard désigné sous le nom d'étude de zonage ciblée. Cette étude a porté, à la demande des résidents du secteur, sur un tronçon de la promenade du Colonel-By dans le Vieil Ottawa-Sud, entre l'avenue Bronson et la rue Bank.

 

Comme pour le processus de la rue Main, nous nous sommes efforcés d'informer et d'engager autant que possible les résidents et les propriétaires fonciers touchés par l'entremise de réunions publiques, d'un groupe de travail et de plusieurs articles publiés dans OSCAR et dans le présent bulletin. Le rapport qui en découle, appuyé par la presque totalité des parties concernées, a été approuvé par le Comité de l'urbanisme puis adopté à l'unanimité par le Conseil.

 

Brièvement, le rapport recommande ce qui suit :

 

  1. réduction de la hauteur maximale de bâtiment permise de 11 mètres à 9 mètres;
  2. imposition d'une limite à l'aménagement des cours arrière comme suit : [traduction] « sur les lots de plus de 40 mètres de profondeur, outre l'obligation de respecter le retrait minimal à l'arrière, aucun nouveau bâtiment ou ajout à un bâtiment déjà en place ne pourra dépasser, dans la cour arrière, de plus de 20 % la ligne arrière moyenne des bâtiments construits sur les deux propriétés attenantes ou, dans le cas d'un lot en coin, la ligne arrière des bâtiments construits sur la propriété attenante »;
  3. entrée en vigueur d'une désignation de secteur à valeur patrimoniale applicable aux propriétés visées.

 

Ces changements représentent une victoire claire pour les nombreux propriétaires de propriétés situées le long de la promenade du Colonel-By qui souhaitent voir le caractère de leur quartier être mieux défini et préservé. Qui plus est, ce processus servira de modèle pour les autres rues et zones qui, selon leurs résidents, recèlent de quelque chose d'intrinsèquement unique et dont ces derniers souhaitent prévenir la dégradation par des activités incompatibles d'aménagement intercalaire et de réaménagement.